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La Belle Colère
La nuit, nous grandissons
Ben Brooks

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Ben brooks est né en 1992. Il a 19 ans au moment de la sortie de La nuit, nous grandissons. Il est l’auteur de 6 livres dont le très remarqué Lolito paru en 2013 toujours chez Canongate.

Paru le 19 Mai 2016

La nuit, nous grandissons

À 17 ans, Jasper James Wolf n’a, comme son nom l’indique, rien d’un agneau. Son projet de roman mis à part, ses centres d’intérêt se résument aux fêtes, à l’alcool, la drogue, le sexe sans lendemain et les sites porno.

À cet âge décisif où l’avenir reste entièrement à construire, Jasper, lui, a d’autres priorités : s’éclater avec sa bande de potes, coucher avec la plus jolie fille du bahut et faire accuser son beau-père du meurtre de son ex-femme. Jasper ne reculera devant rien pour parvenir à ses fins : mensonges à répétition, plans machiavéliques, méchanceté envers ses congénères ; le tout, sans jamais penser à ce que ses actes impliquent pour les autres.

Et pourtant, derrière son égoïsme, son immaturité et, parfois même, sa cruauté se cache un adolescent sensible, perdu, se raccrochant désespérément à sa jeunesse, préférant s’inventer une vie que de se confronter à la sienne, et craignant par-dessus tout de basculer vers l’âge adulte.

Dans ce roman acéré, à la fois drôle, tendre et choquant, Ben Brooks dépeint avec brio les émotions et le quotidien d’un ado de la classe moyenne anglaise en mal de repères, cherchant à tromper l’ennui par des excès en tous genres. Bien loin de porter un regard accusateur sur cette génération qui peine à se définir, Ben Brooks creuse sous l’apparente frivolité de certaines pratiques afin de mettre au jour les peurs et les espoirs qui animent une jeunesse incomprise aussi bien par les autres que par elle-même, et qui redoute d’aller de l’avant. Car malgré son immaturité, ses pulsions mythomanes et ses excès, Jasper n’est que trop conscient qu’on n’est jeune que pour un temps.

Tout plutôt qu'être moi
Ned Vizzini

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Paru le 28 Janvier 2016

Tout plutôt qu'être moi

Roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Fanny Ladd et Christel Gaillard-Paris

Durant l'une des séances chez son psy, Craig Gilner apprend qu'il existe une maladie mentale appelée le syndrome d'Ondine : ceux qui en souffrent oublient de respirer ; pour ne pas mourir asphyxiés, ils doivent se répéter sans cesse "respire, respire, respire". La dépression, Graig va en faire l'expérience, c'est ce qui arrive quand on oublie de vivre.

Comme beaucoup d'adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l'une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d'un an, il ne mange plus, ne dort plus, n'arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d'autre solution que de fumer de l'herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d'anxiété, d'inquiétudes, de peurs qui l'acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ?

Dans ce roman tendre et émouvant, inspiré d'un séjour qu'il a effectué en hôpital psychiatrique, Ned Vizzini aborde ses propres démons, son long combat contre cette maladie qui l'accable depuis des années. D'un sujet aussi délicat et tabou que la dépression adolescente, Vizzini crée un livre tout à la fois drôle et empreint d'espoir.

Né en 1981, Ned Vizzini commence à écrire pour la presse new-yorkaise, dont le Times, à l'âge de 15 ans alors qu'il est encore au lycée. Il publiera ensuite six livres dont Tout plutôt qu'être moi, qui sera adapté au cinéma. Parallèlement à sa carrière d'écrivain (il publie des articles dans le New Yorker et le Los Angeles Times, entre autres), il participe à l'élaboration de la série Teen Wolf, intervient régulièrement dans les librairies et les lycées pour expliquer comment l'art et l'écriture peuvent aider à surmonter les problèmes psychologiques. Le 19 décembre 2013, Ned Vizzini se jette du haut d'un immeuble de Brooklyn. Il a 32 ans, cela faisait des années qu'il se battait contre la dépression.

Vite, trop vite
Phoebe Gloeckner

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Paru le 03 Septembre 2015

Vite, trop vite

« Je ne me souviens pas de ma naissance mais je sais que j’étais un bébé très laid. Comme ça ne s’est pas beaucoup amélioré depuis, j’imagine que c'était un coup de chance qu'il soit attiré par ma jeunesse. »

Ainsi commence l’émouvant journal de Minnie Goetze, une adolescente de quinze ans tiraillée par ses angoisses existentielles, son égocentrisme et ses pulsions autodestructrices, qui court après la reconnaissance et se précipite tête baissée dans la sexualité.
Minnie déteste l’école, rêve de devenir artiste, spéléologue ou barmaid. Alors qu’elle est trop timide et complexée pour adresser la parole aux garçons de son âge, elle couche avec le copain trentenaire de sa mère alcoolique et essaie de trouver son chemin, sans guide, sans défense et sans la moindre trace de peur.

Cette histoire à l'honnêteté crue et bouleversante se déroule dans le San Francisco licencieux des années 1970, mais la quête d’émancipation et d’épanouissement de Minnie est aussi universelle. La satire du monde qui s’y déploie est féroce et sans complaisance, parce que même si Minnie décrit la société des adultes comme un club aux règles tordues, c’est un club dont elle entend bien faire partie.

Artiste contemporaine, illustratrice médicale de formation, auteur de bandes dessinées, Phoebe Gloeckner dissèque avec une puissance hors norme les émotions de son héroïne en combinant toutes sortes d’éléments (prose, dessins, bande dessinée) qui se chevauchent, se répondent et créent un récit incandescent et inoubliable.

Un été 42
Herman Raucher

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roman traduit de l'anglais (États-Unis) par Renée Rosenthal

Paru le 07 Mai 2015

Un été 42

"Un véritable chef d'oeuvre de finesse psychologique, et d'humour." – Henry Chapier, Combat

Hermie, Oscy, Benjie : trois amis, une énergie infinie et une ignorance crasse des choses de la vie. Mais du haut de leurs quinze ans, ils ont bien l’intention de devenir des hommes. Dans leur quête aussi ambitieuse que maladroite, ils partagent l’intuition que tout se joue dans les bras des filles, sont persuadés que leur amitié les tirera à chaque fois d’un mauvais pas, et suivent les commandements d’un manuel d’anatomie dévoilant les “douze étapes de la sexualité”.

Et puis, il y a “la femme”. Dorothy. Une déesse de vingt-deux ans, merveille des merveilles, aux jambes longues et lisses, aux lèvres humides et entrouvertes sur trente-deux petites dragées scintillantes, aux cheveux de soie pure, aux longs cils de velours voilant délicatement des iris couleur émeraude. Poser le regard sur elle fait monter les larmes aux yeux de Hermie. Pourquoi pleure-t-on en contemplant la beauté ? Quelle emotion profondément enfouie le spectacle de la splendeur met-il à jour ?

Tandis que, de l’autre côté de l’océan, des hommes à peine plus agés qu’eux sont emportés dans le fracas des armes, nos adolescents insouciants s’essaient à la tendre guerre. Herman Raucher tisse avec humour et élégance un roman plus profond qu’il n’en a l’air, parce que l’amour est souvent, aussi, l’histoire d’une perte. On pourrait appeler ça la fin de l’innocence. On pourrait aussi résumer la grâce d’Un été 42 à un verbe, beau et tragique à la fois : grandir.

Le Mot de l'éditeur

"Ce roman est la première réédition dans La belle colère. Depuis le début, nous souhaitions proposer dans le catalogue un classique à redécouvrir, pour réaffirmer que notre aventure s'inscrit dans une longue tradition littéraire. Celle que les Français nomment roman d'apprentissage (mais L'Éducation sentimentale n'est pas encore retombée dans l'oubli), la même que les Allemands notamment Bildungsroman (mais Les Désarrois de l'élève Törless n'est pas si rare en librairies), la famille romanesque que les Américains appellent coming of age (mais les lumineux Tom, Huck ou Holden ne sont pas franchement passés de mode).

C'est Benoît Virot qui nous a signalé qu'un des plus vigoureux romans d'aprentissage américains était épuisé en France. Une lecture plus loin, nous lui proposions de faire une infidélité au Nouvel Attila pour éditer sous notre bannière le flamboyant Un été 42.

Herman Raucher était scénariste et romancier. Un été 42 est son histoire, il en écrivit le script et le roman en parallèle. Et si le roman était une oeuvre plus aboutie, je vous engage tout de même à fredonner la célèbre musique de Michel Legrand pour retrouver Hermie et ses deux compères, Iscy et Benjie, sur l'île de Nantucket. Ils vont y vivre un été inoubliable, bien décidés à devenir des hommes l'année de leurs quinze ans. Dans ce projet aussi ambitieux que nébuleux, ils sont guidés par deux intuitions : la première est que tout se joue dans les bras des filles, la seconde est que leur amitié les sauvera toujours. Tandis que, de l'autre côté de l'océan, des hommes à peine moins jeunes qu'eux sont emportés par le fracas des armes, nos adolescents insouciants s'essaient à la tendre guerre. Premiers désirs, premiers amours, premières blessures, ils deviendront bien des hommes, en cet été 42."

Vous parler de ça
Laurie Halse Anderson

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Traduit de l'anglais (États-Unis) par

Marie Chabin

 

 

Paru le 09 Octobre 2014

Vous parler de ça

En 1998, Laurie Halse Anderson, jusque là auteur pour enfants, est réveillée par les sanglots d'une jeune fille. Dans la maison, ses enfants dorment à poings fermés ; c'est une cauchermar qui a réussi à la tirer du sommeil. Répondant au besoin de se vider l'esprit des pensées sombres qui s'y agitent, Laurie attrape un carnet et y couche l ebrouillon d'une histoire, celle d'une jeune fille qui ne qui ne parle plus depuis un terrible crépuscule d'été.

Une fois sa mission accomplie, elle retourne se coucher. Laurie Anderson ne fit plus jamais ce mauvais rêve qui allait pourtant changer sa vie l'année suivante quand les notes seraient devenues un roman vendu à plusieurs millions d'exemplaires, un film hollywoodien (avec Kristen Steward en 2004), de nombreuses nominations et récompenses, et plus de 30 traductions, Vous parler de ça n'est pas simplement un premier roman bouleversant. C'est un phénomène de société, c'est un sujet de conversation, c'est un étendard, c'est un livre capable de changer la vie de cellles qui le lisent, et il est pour la première fois traduit en français.

"Dans ce magnifique roman, Laurie Halse Anderson mêle fines observations et portraits hauts en couleur pour nous entraîner dans la tête d'une adolescente isolée... Elle insuffle à son récit une énergie capable de soutenir son héroïne à travers sa douleur et provoque l'empathie... Le réalisme et la métamorphose durement gagnée de Mélinda laissera les lecteurs touchés et inspirés." – Publishers Weekly

La Ballade d'Hester Day
Mercedes Helnwein

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Traduit de l'anglais (États-Unis)
par Francesca Serra

Paru le 15 Mai 2014

La Ballade d'Hester Day

C’est l’histoire d’une fille qui ne veut pas aller au bal de promo, d’un apprenti poète qui l’a épousée pour trouver l’inspiration, et d’un petit garçon rondouillard qui, à défaut d’être cow-boy de l’espace, est ravi de tracer la route en camping-car avec eux.

L’équipée sauvage d’Hester Louise Day s’annonce comme un fiasco épique. Parce que la famille, même bricolée, ce n’est jamais un long fleuve tranquille, surtout quand on est recherchés par la police et le FBI. Il faut dire que quand Jethro, son cousin de dix ans, s’est invité dans son road trip, Hester n’a pas réfléchi aux conséquences. Mais ce n’est pas trop son fort, les conséquences. Hester a pris la route parce qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut. Ça ne la dérange pas d’être rattrapée, mais pas tout de suite, pas trop vite. Avant cela, il y a des paysages sublimes à traverser, des rencontres inoubliables à faire, des éclats de rire et de colère, un peu d’amour ce serait bien, même si son jeune époux, Fenton Flaherty, n’est pas un grand sentimental. Un peu de sexe alors, à défaut d’amour. Un peu de rêve, un peu d’oxygène… Bref, une ballade belle et mélancolique comme celles dont on fait les grands blues.

Dieu me déteste
Hollis Seamon

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Traduit de l’anglais (États-Unis) par
Marie de Prémonville

Paru le 13 Mars 2014

Dieu me déteste

New York, hôpital Hilltop. Richard Casey aura bientôt 18 ans. Comme tous les ado- lescents, il voudrait faire la fête, draguer, s’envoyer en l’air, tomber amoureux…

La différence, c’est que Richard sait qu’il ne fêtera jamais
ses 19 ans. Il est un peu plus pressé que les autres et, pour vivre fort, il lui faut déjouer les pièges de tous ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps. Heureusement, Richard a de la ressource, du courage et un solide sens de l’humour. Alors il va ruer dans les brancards. Et si Dieu le déteste, il est prêt à rendre coup pour coup.

Vous n’êtes pas près d’oublier Richard Casey, comment il mena une révolution contre le corps médical, se glissa dans les draps de la jolie fille de la 302, réussit une évasion périlleuse avec la complicité d’un oncle dysfonctionnel, évita de tomber sous les coups d’un père vengeur, et joua finalement son destin au poker, dans un des plus beaux bluffs jamais montés contre le sort.

Le Monde des livres « La belle colère », un pont
entre les parents et leurs enfants

C'est un nouveau label de livres « tous publics » dont les héros sont des adolescents. Ses créateurs, les éditeurs Dominique Bordes et Stephen Carrière, expliquent ce qu'ils en espèrent

Ils appellent cela un « label » une collection née de la volonté de deux editeurs de travailler ensemble «La belle colere », que lancent les quadragénaires Dominique Bordes et Stephen Carriere, patrons respectifs des éditions Monsieur Toussaint Louverture et Anne Carriere, a pour particularité de proposer des romans dont les héros sont des adolescents - sans que le «jeune public» soit spécifiquement visé.
Premier texte de ce label Dieu me déteste, de l'Américaine Hollis Seamon (2o8p, 19 €).
Son narrateur, Richard, aura bientôt 18 ans, mais sait qu'il n atteindra jamais les 19 : il est en soins palliatifs. II est cependant bien décidé a profiter de ce qui lui reste de vie, par exemple en s'offrant une cuite ou en perdant sa virginité - de l'autre côté du couloir, Sylvie, 15 ans, lui plaît beaucoup, avec sa maniere bravache de tenir tête aux adultes et à la mort.
Un roman sentimental en diable, qui ne fait pas du réalisme sa premiere qualité, et peu importe malgré son decor et l'état de santé du héros, la voix de Richard possède une vitalite presque irrésistible.

E N T R E T I E N

PROPOS RECUEILLIS PAR
RAPHAELLE LEYRIS


Comment est née
« La belle colère » ?


Dominique Bordes
D'une rencontre advenue un peu par hasard.
Et puis Stephen et moi avons commencé a parler de livres que nous aurions envie de publier, mais sans savoir comment nous y prendre, parce qu'ils n'entraient pas tout a fait dans la ligne éditoriale de nos maisons respectives - un éditeur doit se définir par sa capacité a dire non, mais c'est assez frustrant.
Et nous nous sommes aperçus qu'ils avaient beaucoup de points communs.

Stephen Carrière
L'un de ces points communs était que tous les livres en question évoquaient l'adolescence, sans être pour autant des romans destinés aux adolescents - du reste, je pense que les ados n'ont ni envie de lire spécificiquement des romans consacrés à leur âge ni d'être considérés comme des « cibles marketing ».

Quelles qualités propres au genre vous poussent tous deux du côté de ces romans de l'adolescence ?

S. C. Ce grand moment de passage aborde par des auteurs complètement différents, aboutit à des textes qui peuvent n'avoir aucun lien entre eux, maîs où l'on trouve un frisson commun - que je ne suis pas sur d'avoir envie de définir trop précisément.

D.B. Peut-être qu'ils nous intéressent justement parce que nous ne sommes plus des adolescents !
Mais que cela ne nous semble pas remonter si loin. Par ailleurs, nous sommes pères tous les deux, et les romans évoquent des sujets qui, à ce titre aussi, nous parlent beaucoup. Au fond, peut-être que ce qui nous intéressait était de créer une collection qui, en s'adressant aux adultes, ouvrirait un pont, une sorte de dialogue, alors que l'on est toujours effrayé par le fait de ne pas pouvoir parler a ses enfants à cet âge. J'ai pris conscience de cet aspect du projet le jour où j'ai vu ma femme et ma fille jouer ensemble à la console de jeux vidéo. Je me suis dit que ce serait formidable de pouvoir les réunir de la même façon autour d'un texte - ces romans qui sont des loupes pour nous, adultes, et peuvent être des miroirs pour les adolescents.
Quels sont vos grands romans de l'adolescence favoris ?

D.B. Bien entendu, L'Attrapecoeurs, de J.D. Salinger, qui a été très important dans ma carrière de lecteur. Et puis il y a un cycle anglais, Adrian Mole, de Sue Townsend, commencé avec Le Journal secret d'Adrien Mole, 13 ans 3/4 (Stock, 1984). C'est extrêmement drôle. J'aimerais beaucoup qu'on puisse reprendre l'ensemble dans «La belle colère».
S. C. Parmi mes grands héros adolescents, il y a l'Huckleberry Finn de Mark Twain, et puis la Scout de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee (1960 ; De Fallois, 2005). Et puis, dans la littérature contemporaine, je reste très marqué par le héros de Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer (L'Olivier, 2005). La réactivité de la littérature américaine par rapport à l'actualité est remarquable. Dans l'après-11-Septembre, le parti pris de Safran Foer était passionnant, de raconter cette double fin de l'innocence, celle de l'Amérique et celle du héros, un garçon dont le père est mort dans l'attentat, et qui doit en faire le deuil, pour entrer de plain-pied dans l'âge adulte.

En quoi « Dieu me déteste » est-il représentatif de ce que vous souhaitez faire avec la collection?

D.B. C'est un texte extrêmement efficace, plein d'émotion et accessibie...

S. C. Si l'on résume le livre de façon brutale, c'est « Roméo et Juliette aux soins palliatifs». L'auteure, Hollis Seamon, prouve que la maladie, comme tout, peut être utilisée non comme le thème principal d'un livre, mais comme sa contrainte dramatique. Mais le vrai sujet de Dieu me déteste, c'est un jeune homme qui a envie de vivre fort, entouré de gens qui ne souhaitent que son bien, et veulent qu'il vive peut-être un peu moins fort, mais plus longtemps. Il s'agit d'une métaphore «primaire» et parfaite de ce qu'est l'adolescence, et d'une mise en scène formidable des questions qu'elle pose - sur le risque, le droit à jouir, la possibilité de disposer de son corps. Au lieu d'être son sujet, la maladie est ici un contexte qui sert de support à une dramatisation de grande qualité - nous avons la prétention de le penser, en tout cas.